Une biographie de Claude Simon

Consacrée à Claude Simon, prix Nobel de littérature 1985, cette biographie retrace le parours singulier d’un écrivain qui, en dépit des innombrables thèses qui lui ont été dédiées, reste tout à la fois universellement admiré et curieusement méconnu. La haute exigence formelle de cette œuvre trop souvent jugée ardue a longtemps occulté une évidence qui jalonne toute la production écrite de Claude Simon : son ancrage dans un vécu complexe qui la traverse de part en part et dont elle revisite et décompose livre après livre les ressorts les plus intimes. Issu d’un milieu bourgeois et conservateur, très vite orphelin de père puis de mère, Claude Simon s’est construit dans une relation conflictuelle à ses origines. Il y a l’enfance, bien sûr, récurrente dans son œuvre, mais également d’autres moments marquants, comme son expérience de la captivité pendant la Seconde Guerre mondiale, dont il rendra compte dans La Route des Flandres. Le refus du roman traditionnel qui l’a trop vite classé dans la mouvance du « nouveau roman » apparaît en ce sens tout à la fois comme une ascèse et comme une tentative sans cesse renouvelée d’explorer les non-dits et les secrets les plus enfouis d’un passé douloureux. Tout le propos de cette biographie richement documentée, et écrite d’une plume alerte et sensible, est de nous démontrer combien la vie de Claude Simon est d’abord et avant tout l’histoire d’une émancipation, et son œuvre un exorcisme permanent des fantômes de la mémoire. (éd. Seuil – présentation de l’éditeur)

• Mireille Calle-Gruber est professeur des universités à la Sorbonne-Nouvelle-Paris 3. Elle a publié une vingtaine de livres sur la littérature française contemporaine. Elle est l’auteur également de cinq romans. Elle travaille depuis de nombreuses années sur l’oeuvre de Claude Simon, dont elle a notamment établi l’édition de La Pléiade chez Gallimard.

La glorieuse et triste histoire des poupées Bella

Le théâtre Jean-Piat affichait pratiquement complet au début du mois de décembre pour la dernière rencontre de l’année proposée par les Amis du Vieux Canet. Un succès motivé par le choix du thème traité, à savoir l’évocation des poupées Bella de si fameuse mémoire.
La journée avait commencé par le vernissage dans le hall du théâtre d’une exposition de poupées prêtées par le musée Bella de Perpignan. Elle se poursuivait en fin d’après-midi par la projection du film d’André Soucarrat Poupées Bella, le rêve brisé, en présence du réalisateur et de Jean Sala, ancien président du directoire de l’usine. En un peu plus d’une heure trente ce film relate l’épopée de l’entreprise perpignanaise, depuis sa création en 1946 par Salvi et Lucie Pi jusqu’à sa dramatique fermeture en 1984. Considérée dans ses années fastes comme l’une des entreprises les plus performantes de la région, Bella produisait huit mille poupées par jour. Leurs robes étaient confectionnées par 250 couturières à domicile. Avec un effectif total d’un millier de salariés. Bella, « la perle des poupées », a représenté jusqu’à 50% du marché français dans sa spécialité. Le départ à la retraite du couple fondateur et la vente de la société à un groupe allemand changeront les méthodes de production et de gestion. De restructurations en tentatives de redressement et conflits internes, le déclin s’amorçait jusqu’à paraître irréversible. Pourtant « même au plus fort de la crise sociale les carnets de commande étaient pleins », assure Jean Sala.
En réponse aux questions des spectateurs, l’ancien directeur tenait à apporter quelques mises au point personnelles, mettant l’accent – avec une fougue juvénile et une grande force de conviction – sur le savoir-faire, le bon niveau des salaires et l’ambiance sereine qui ont longtemps prévalu à Bella. Après sa reprise par le groupe Berchet l’entreprise aurait-elle pu être sauvée ? Le débat, près de trente ans plus tard, n’est plus d’actualité. Mais cette soirée riche de témoignages entrecroisés n’en a pas moins apporté un éclairage instructif sur cet épisode marquant de l’histoire économique des Pyrénées-Orientales.

Sur la plage abandonnée…

Conséquence des récentes inondations dans le sud, la mer a rejeté ce matin sur la plage de Canet une quantité impressionnante de troncs d’arbre, branchages et déchets en tous genres. Ces photos en témoignent.

Si vous cherchez du bois mort pour vous chauffer cet hiver…

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