Placé sous les feux d’une actualité récente, le site de Pétra intéresse au plus haut point, depuis plusieurs années, les archéologues et historiens. Sur ce thème, les Amis du Vieux Canet recevaient Elisabeht Doumeyrou, conservateur territorial du patrimoine, directrice du patrimoine et de l’archéologie de la ville de Perpignan. Plus d’une heure durant, la conférencière a évoqué la mystérieuse cité rose et la culture des Nabatéens, point de jonction entre l’Arabie et le monde gréco-romain. Cette civilisation, aux forteresses et aux temples creusés dans les collines de grés, avait sombré dans l’oubli. Mais on sait maintenant que Pétra était un important carrefour des routes commerciales de l’Antiquité, qui reliaient le sud de l’Arabie, la Syrie, l’Égypte, la Grèce, Rome et même l’Inde. Sur ces routes empruntées par les caravanes de chameaux circulaient des marchandises telles que des textiles, des épices, des métaux précieux et de l’encens. Les Nabatéens transformèrent ce coin de désert en une métropole prospère. En outre, ils développèrent un réseau d’irrigation qui leur permit de s’adonner à l’agriculture et à l’élevage.
Le déclin commercial de Pétra commença avec le recours croissant aux routes maritimes de la mer Rouge et de la mer d’Oman. Puis, en 363 de notre ère, un puissant séisme détruisit une bonne partie de la cité. En dépit des efforts de reconstruction, Pétra ne parvint jamais à reconquérir son prestige économique.
Au septième siècle, la cité si florissante jusqu’à la période byzantine fut totalement abandonnée. Elle resta ignorée du monde extérieur jusqu’à sa redécouverte en 1812 par l’explorateur suisse Johann Burckhardt. Aujourd’hui, Pétra est devenue une destination touristique courue et l’un des sites archéologiques les plus riches du Moyen-Orient. A peine cinq pour cent de la cité antique ayant été mis au jour, Pétra est loin d’avoir livré tous ses secrets. Merci à Mme Doumeyrou de nous avoir aidés à en percer quelques-uns.
Escapade virtuelle à Pétra
mai 16, 2008 par laxurit