Pour leur dernière causerie de la saison les Amis du Vieux Canet ont reçu au théâtre Jean Piat le conférencier Gabriel Recasens venu traiter un sujet insolite : ” Les beaux mensonges de l’histoire en terre catalane… et ailleurs”. Vaste programme que l’orateur ne prétendait pas épuiser en un peu plus d’une heure, tant les affabulations, demi-vérités et falsifications abondent au cours des siècles. Une dizaine, parmi les plus significatives, étaient proposées au public dans une judicieuse alternance de petites et grandes affaires ayant défrayé la chronique.
La première de ces évocations fut consacrée aux Trabucaires, définis tour à tour comme des têtes brûlées, des héros de légende, des bandits d’honneur et des Robin des Bois catalans qui, en fait, “au nom de Dieu et du Roi” n’hésitaient pas à massacrer l’ennemi, un tromblon dans une main, un rosaire dans l’autre et, autour du cou, un foulard orné de symboles maçonniques.
Avec pour principe le respect scrupuleux des sources historiques, le conférencier démythifia ensuite la célèbre bataille de Valmy, point de départ du nouveau calendrier républicain. Selon lui, Valmy fut en réalité “une non-bataille” qui tourna court après l’échange de quelques coups de canon. En bonne logique, une vraie bataille aurait dû voir la victoire de la coalition austro-prussienne largement supérieure en nombre et en armement. Alors pourquoi sa déroute ? Le conférencier avance plusieurs hypothèses émises par des historiens renommés : épidémie de dysenterie dans l’armée prussienne, arrangement entre les chefs ennemis (Dumouriez et Brunswick) tous deux d’obédience maçonnique, crédulité du roi de Prusse abusé par l’apparition d’un faux fantôme lui annonçant qu’il était trahi…
Au fil de son exposé interactif Gabriel Recasens s’interrogea sur le rôle du conventionnel Cassanyes dans la bataille de Peyrestortes : fin stratège ou mouche du coche ? Le doute est permis. De même sur l’entière paternité de La Marseillaise attribuée à Rouget de l’Isle : le poète aurait emprunté des paroles de l’hymne national à divers auteurs et – paradoxe surprenant – aurait confié le soin de les mettre en musique à un compositeur autrichien, tout aussi royaliste que lui.
Le cycle des conférences des AVC s’est achevé sur cette magistrale leçon d’érudition et d’esprit critique. Rendez-vous à la rentrée pour une nouvelle saison qui s’annonce tout aussi riche de rencontres culturelles.
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