Tags
Voué au tourisme et à l’agriculture, notre département n’en possède pas moins un important patrimoine industriel et technique. Tel était le thème de la conférence donnée devant les Amis du vieux Canet par David Marty, coauteur avec Esteban Castaner Munoz d’un récent ouvrage universitaire sur ce sujet*.
De fait, c’est à un plaidoyer pour la reconnaissance de ce patrimoine que s’est livré le conférencier, illustrations à l’appui. Déjà réputé au dix-huitième siècle pour ses ateliers textiles et ses draperies, le Roussillon a bénéficié des deux Révolutions industrielles marquées par l’exploitation des mines de fer, l’implantation des forges ainsi que l’installation du chemin de fer et l’essor de l’agroalimentaire. Pour l’anecdote, on notera que le petit village de Ria, berceau historique de la catalanité, abrita le tout premier haut-fourneau à bois… Poupées Bella, papier à cigarette Job, apéritifs Byrrh et Bartissol, usines de Chefdebien, ces noms restent évocateurs d’une activité économique de pointe mais la liste est loin d’être exhaustive et c’est pourquoi David Marty préconise un travail d’inventaire précis. Dès lors, en fonction de certains critères comme leur esthétique architecturale, leurs particularités technologiques ou leur rapport avec l’histoire sociale, ces sites industriels oubliés pourraient faire l’objet de circuits touristiques, à l’exemple du réseau créé avec succès par nos voisins catalans du sud.
Bien entendu, diverses formes de mise en valeur sont possibles. Et le conférencier de suggérer que soient reconverties en salles des fêtes ou en centres culturels de nombreuses caves coopératives aujourd’hui à l’abandon.
Au terme de la causerie, un échange de vues porta notamment sur l’aménagement du site de Paulilles, la route du fer en Conflent, les briqueteries du Roussillon et même… l’ancienne fabrique d’espadrilles de Canet-Village. C’est dire combien cette conférence inédite a suscité l’intérêt de nombreux auditeurs fidèles aux rendez-vous instructifs des AVC.