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Après une première conférence sur François Arago, le savant et l’océanographe donnée en octobre dernier 2009 par le professeur Guy Jacques, c’est Arago, l’homme politique qui a été mis en lumière par Michel Cadé, enseignant et chercheur en Histoire. Cette seconde approche dévoilait un Arago épris de justice sociale, tout à la fois rêveur et pragmatique, engagé en politique à l’âge de 44 ans alors qu’il se trouvait au faîte d’une carrière de scientifique « couvert de gloire ».
Celui que l’on qualifierait aujourd’hui de centriste remporte ses premiers mandats électifs en 1830-1831 et s’affirme bientôt, durant la monarchie de Juillet, comme un orateur de talent quand il intervient à la Chambre sur des sujets d’instruction publique. Progressivement, il prend ses distances avec le régime de Louis-Philippe, par rejet des compromissions des Orléanistes. Figure de proue du milieu politique, proche du monde ouvrier et partisan du suffrage universel, il est aussi adulé « dans la rue que dans les salons des riches perpignanais ». Doublement élu en 1837 à Paris et à Perpignan, il opte pour son fief du Roussillon et rejoint le camp de l’opposition.
Le conférencier décrit François Arago comme un moderniste fidèle à ses origines et sensible au malheur des pauvres. Après la révolution de 1848, il est nommé ministre de la Guerre et de la Marine dans le gouvernement provisoire de la Seconde République mis en place par Lamartine, puis président de la Commission exécutive. De fait, le natif d’Estagel exercera pendant une brève période d’un mois et demi de hautes fonctions équivalentes à celles d’un chef d’Etat. Il signera notamment le décret d’abolition de l’esclavage élaboré par son sous-secrétaire d’Etat Victor Schœlcher, décret suivi de l’émancipation de 250 000 esclaves dans les colonies françaises.
Après le coup d’Etat de 1852 et la création du Second Empire, François Arago refuse de prêter serment à Napoléon IIII. Malade, il se retire des affaires avant de s’éteindre l’année suivante. On retiendra du beau portrait tracé par Michel Cadé l’image d’un homme politique intègre, généreux, doté d’une hauteur de vues peu commune. Fidèle à ses origines et à ses idéaux, « il a su souvent dire non ». Considéré comme « un saint laïque », il s’est toujours employé à résoudre pacifiquement les conflits liés à l’avènement de la société industrielle.
