
Pour la reprise de son cycle de conférences, l’association Les Amis du Vieux Canet recevait le professeur Guy Jacques venu parler de “François Arago, le savant, l’océanographe“. Dans la salle du théâtre Jean Piat, les auditeurs parmi lesquels plusieurs nouveaux adhérents ont été accueillis par le président Roudières. Responsable des conférences, Raymond Viladecas a ensuite défini la ligne du programme de la saison 2009-2010 axée sur l’évocation de figures marquantes de l’histoire du département et du pays.
C’est donc à l’un des savants les plus illustres qu’était consacrée, en cette année de l’astronomie, l’exposé de Guy Jacques, biologiste pendant trente ans au laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer, directeur de recherches émérite au CNRS. Il voit d’abord en François Arago un grand vulgarisateur scientifique, auteur d’une œuvre posthume forte de dix-huit volumes, « homme du XIXe siècle mais nostalgique du siècle des lumières ». Reçu dans les premiers à l’école Polytechnique, le natif d’Estagel est envoyé dans l’Espagne en guerre pour poursuivre le relevé du méridien de Paris. Fait prisonnier, il s’évade plusieurs fois et rentrera à Paris en héros, ce qui lui vaudra d’être élu à vingt-trois ans membre de l’Académie des sciences. Il deviendra bientôt le savant le plus connu du public averti de l’Europe grâce à ses travaux portant notamment sur la vitesse de la lumière, les cratères de la lune, la température de la terre et des eaux souterraines. Ses cours d’astronomie populaire étaient suivis par des personnalités telles que Victor Hugo et George Sand. Par la suite, sa notoriété devait être quelque peu éclipsée par celle de son disciple Camille Flammarion.
Océanographe, François Arago se passionna pour l’étude des courants marins, en particulier du Gulf Stream, et c’est dans ce domaine-là surtout qu’il fut en avance sur son temps. Sa description de la dérive nord-atlantique a fait autorité, ouvrant la piste aux recherches contemporaines sur le réchauffement des côtes de l’Europe.
En conclusion de cet exposé de haute tenue mais accessible à tous, bien dans l’esprit de François Arago, le professeur Jacques déplora l’absence − en Roussillon comme ailleurs − d’un musée dédié à cet éminent scientifique doublé d’un grand homme politique. Cette seconde facette du personnage sera explorée par Michel Cadé lors d’une conférence prévue en janvier prochain.