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14-18, canet, conférence, guerre, histoire, Perpignan, Poilus, Roussillon
À l’occasion de la commémoration de l’Armistice, Les Amis du Vieux Canet proposaient une conférence de Renaud Martinez sur “Les Catalans dans la Grande Guerre”. Historien et écrivain, auteur d’ouvrages de référence* sur le sujet, l’invité du jour a su captiver un large auditoire par la clarté de ses propos résumant documents et témoignages accumulés au fil de patientes recherches. Tout un pan de l’histoire vécue par les Poilus du département dans l’enfer des tranchées a été ainsi mis en lumière.
Cette évocation traitait surtout de l’engagement dans le conflit de deux régiments basés à Perpignan : le 53e d’infanterie, monté au front dès la déclaration des hostilités dans la Lorraine annexée, et le 253e RI constitué de réservistes. Malgré les pertes subies, la bravoure de nos soldats ne se démentit pas durant ces longues années de souffrance. Ils défendirent vaillamment leur drapeau porté par le sous-lieutenant Ruffiandis, instituteur à Canet. Un autre habitant de la commune devait s’illustrer sur le champ de bataille, le lieutenant Fournier (par ailleurs champion de France de rugby au côté d’Aimé Giral), disparu lors d’un un dernier assaut avant la guerre de mouvement qui allait mener son régiment à Dixmude et à Ypres, puis dans les Vosges et à Verdun.
L’exposé sans concession ne se limitait pas à l’énumération des combats et des moments de gloire partagés par les régiments perpignanais. Aucun des épisodes les plus controversés ne fut esquivé, des erreurs – ou incompétences – d’état-major à l’origine de plusieurs carnages jusqu’aux aux mutineries survenues après l’échec sanglant de l’offensive Nivelle sur le Chemin des Dames au printemps 1917. Avec la rigueur qui sied dans le choix des mots, le conférencier préfère parler à ce propos d’« actes graves d’indiscipline ».
Pour lui, incontestablement le 53e RI et à son exemple le 253e RI ont contribué à la victoire finale des troupes françaises. De nombreuses citations recueillies à titre collectif et individuels l’attestent, tout autant que le lourd tribut évalué dans leurs rangs à 3800 morts et 10000 blessés ou mutilés.
Les questions posées par un public à la fois intéressé et ému montrent que leur sacrifice n’est pas oublié. En ce sens, comme devait le souligner Renaud Martinez en conclusion, cette conférence participait du devoir de mémoire.
* En avant, quand même ! et Comme des fleurs d’héroïsme de Renaud Martinez (éditions de l’Agence)